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Des bribes d’une riche histoire - page 3 de 5

Des annÉes soixante-dix À ce jour 

Les années soixante et soixante-dix sont le théâtre de grands bouleversements dans la société québécoise, des bouleversements qui n’échappent pas aux personnes handicapées : elles prétendent plus que jamais à l’autonomie, à l’égalité des chances et surtout, elles n’entendent pas retourner au silence.

Le vocabulaire aussi évolue. Ainsi, en 1969, la Société du bien-être des infirmes de Québec devient la Société des handicapés. Puis elle change son nom pour celui de Carrefour adaptation Québec (1973) et, finalement, adopte celui de Carrefour familial des personnes handicapées (2002) afin de réaffirmer le caractère familial de l’organisme.

C’est dire que, bien avant d'être une préoccupation dans les milieux gouvernementaux, bien avant la création de l’Office des personnes handicapées  du Québec ou l’adoption de la politique À part…égale, les personnes handicapées s’organisent et se dotent des outils essentiels à leur pleine intégration. Elles interviennent sur tous les fronts : travail, transport, logement, activité physique et leur action inspirera les pouvoirs publics.

Le droit au travail

En 1975, Carrefour parraine le projet « Opération travail »2 qui vise l’embauche des personnes handicapées sur le marché du travail. Au terme  du projet, naîtra  un nouvel organisme à but non lucratif, La Croisée,3 dont la mission première sera d’offrir aux personnes qui ont une limitation physique des services spécialisés d’aide à l’insertion en emploi.

L’année suivante, à la  faveur d’un projet Initiatives locales, Carrefour met sur pied le Centre d’apprentissage et de dépannage, à la fois milieu de travail et de formation. Trois ans plus tard, renouant avec sa mission première, Carrefour abandonne  la direction du Centre qui devient l’un des premiers centres de travail adapté relevant de l’Office des personnes handicapées du Québec : les Ateliers TAQ.

2 Projet Initiatives locales.
3 Centre d’extension de la main-d’œuvre


 

Vingtième anniversaire des Ateliers TAQ. Mme Raymonde Dupéré, déléguée de Carrefour au conseil d’administration des Ateliers, et M. Gilles Baril, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Le droit au transport

En janvier 1976, M. Christian Dufour, une personne handicapée de Sillery, exaspéré par le manque d’action et l’inefficacité des « comités de travail », met sur pied le premier service de transport adapté à Québec. En juin de la même année, le projet, financé par le programme Initiatives locales, prend fin. Les personnes handicapées se mobilisent. Cacaille a fait la preuve du besoin et cède la place à une nouvelle corporation, Déplacement plus. Cette dernière amorcera une campagne de sensibilisation sans précédent, faisant valoir que le transport adapté est la clé de l’autonomie pour les personnes à mobilité réduite. Carrefour sera très actif dans cette lutte « épique » pour l’accessibilité au transport.

Suite aux pressions exercées par Déplacement plus, le ministère des Affaires sociales accorde une première subvention pour l’opération d’un service de transport adapté dans la ville de Québec.

En 2007, le Service de transport adapté de la Capitale a desservi 6002 passagers. Et dire que, trente ans plus tôt, on questionnait la pertinence même du service !

Pareillement, afin de permettre aux personnes handicapées physiques l'accès aux biens, aux services, aux soins et au milieu de travail ; d’être autonome dans la conduite de leur vie et de leurs affaires, il devenait impératif de leur faciliter les déplacements et le stationnement en milieu urbain.

Fin soixante-dix, début des années quatre-vingt, Carrefour, de concert avec les villes de Ste-Foy et de Québec, implante le premier système de vignettes et de laissez-passer pour personnes handicapées au Québec. Les villes de Cap-Rouge et de Sillery adoptent la réglementation nécessaire et emboîtent le pas en 1982 et 1983.  

Fin 1987, la Société de l’assurance automobile du Québec se verra confier le programme d’émission de vignettes de stationnement.

 

Les handicapés
demandent du transport

Quelques personnes handicapées ont profité du passage du premier ministre Bourassa, hier, à la station CHRC, à Québec, pour faire connaître leur problème dans le domaine du transport en affirmant notamment que « sans transport, on ne peut aller voter ». Les manifestants ont rappelé à M. Bourassa les réponses négatives reçues du ministre des Affaires sociales, du ministre des Transports et de la Commission de transport de la CUQ dans ce dossier.

Le Soleil,
Roland Marcoux,
3 novembre 1976

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